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Méli-mélo >  Les Plantes et les jardins en littérature >  Les "Simples"

Article publié le 4 janvier 2009 et visité 3638 fois.

Dans un joli livre "Les Mots du jardin" de Jérème Gaudeau et Madeleine Volcouve chez ACTES SUD (1997), on trouve ce texte à "Simples", en regard d’une gravure sur cuivre (photo ci-dessus) intitulée Helenos, de Jan Sadeler, artiste de l’Ecole flamande (1550-1600) :

La simplex medicina, l’art de soulager et de guérir par la vertu d’une seule substance, d’une simple plante, remonte à l’Antiquité. Elle exigeait du doigté car "la dose faisant poison", une innocente décoction d’herbes pouvait se transformer en "bouillon de onze heures" ! Mais devant la souffrance, qui refuserait la tyrannie des simples, l’amertume d’une infusion de mauve, les feux d’un cataplasme de feuilles de menthe ou la brûlure d’un bol de bourrache corsé d’un trait d’alcool ?

A la fin du VIIIè siècle, Charlemagne avait encouragé par un édit fameux - le capitulaire De villis - la culture des simples dans l’immensité de son empire ; quatre-vingt-huit plantes y étaient recensées, sans doute sur les conseils horticoles et éclairés de puissants abbés qui, d’un monastère à l’autre, faisaient volontiers échange de graines, de racines et de boutures. A peine plus tardif, le plan du monastère de Saint-Gall accordait une place, juste à cèté de l’infirmerie, à l’herbularius, ou jardin des plantes médicinales : Salvia (sauge), pour "revigorer les parties à moitié mortes de notre corps", Pulegium (pulicaire) radical contre les puces et les maux d’estomac, Levisticum (livèche) dépuratif et stimulant, Mentha (menthe) poivrée et digestive dont on dit encore en Provence qu’ "au brout de mento, l’amour aumento" - au brin de menthe, l’amour augmente...

Hors de l’enclos monastique point de salut, mais les herbes sauvages cueillies sur les talus et dans les prés complétaient souvent l’action des simples. Hildegarde de Bingen (XIIè siècle), abbesse rhénane célèbre pour ses visions mystiques et sa science médicale, apaisait la mélancolie avec "la clé des portes du Paradis", qui n’est autre que le vulgaire coucou, cette primevère sauvage...

Voir aussi La Théorie des signatures

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