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Les jardins des adhérents >  C’était un vieux jardin abandonné

Article publié le 19 août 2007 et visité 6129 fois.
abandonné et apprivoisé

C’était un vieux, très vieux jardin au bord de la Loire, où chaque locataire avait replanté, qui, son arbre de Noêl, qui , une menthe, qui un petit rosier, et où un amateur éclairé avait planté des arbres devenus remarquables : un noyer, un tilleul merveilleusement parfumé, un Poncirus trifoliata aux fleurs blanches et aux "citrons" colorés, un Koeleuteria, un figuier, des pommiers en espaliers tordus par le temps et le manque de taille et enfin un magnifique Magnolia grandiflora.

Et tout cela avait poussé , poussé, fait des graines , des arbrisseaux mélangés à d’autres graines poussées par le vent , bref, des arbres , des arbres n’importe où, n’importe comment, les uns sur les autres, des épineux partout..

Bref, vous l’aurez compris, un trésor.

Les premiers mois de mon installation, je me suis bornée à nettoyer, élaguer, couper et j’ai été émerveillée par tout ce qui poussait une fois que les plantes eurent retrouvé un peu de soleil et qu’elles furent rassasiées de bon fumier de cheval.

Alors, j’ai découvert un petit chemin de buis qui menait à une tonnelle enfouie sous un polygonum de 70 cm de profondeur et de quelques 40 m de haut !

Aujourd’hui, plus de polygonum mais quatre "Sourires d’orchidée", des ipomées et une passiflore pour recouvrir ce qui deviendra le salon de lecture de l’été.

Mais le jardin est un joyeux fouillis, car je ne peux toujours pas me résoudre à supprimer une plantule, qui, peut-être, se révélera une affreuse mauvaise herbe sans couleur ni fleurs, mais peut-être aussi une fantastique surprise colorée, suave et florifère... Alors, fouillis où on respecte ce qui pousse et malgré les injonctions des professeurs émérites d’ horticulture, qui voudraient nous apprendre que c’est
le jardinier (ou la jardinière) qui est maître( maîtresse) chez lui (elle), ici, ce sont parfois les plantes qui décident de leur installation aléatoire et incongrue !

Un tout petit bassin préformé, bordé d’équisetum, de capucines et bordé d’osiers dans lesquels grimpent des pois de senteur ; un nénuphar prodigue en fleurs, quelques poissons rouges et des grenouilles qui y ont élu domicile , des libellules, quelques algues pour nettoyer l’eau , bref, un monde parfait et équilibré qui a eu très vite une suite tant la contemplation de ce petit monde-là m’en a fait désirer un autre (mais plus grand !)

Alors, j’ai creusé, puis mis un feutre horticole, puis un "liner" et de l’eau, des poissons, des nénuphars, des nuphars (non, ce n’est pas une erreur de frappe), des iris, des menthes aquatiques, des souchets longs, un Colocasia esculenta, un Orotium aquaticum, et pour les fleurs jaunes, des Calthas palustris et des Trollius europaeus.

Puis est venu le temps de "fabriquer" les jardins de poche en carrés (tomates, fraises, salades, bettes, persil, coriandre, pois mange-tout, potimarrons, potirons (en devenir)).
J’ai ensuite enserré des langues de jardin dans des clètures d’osiers, puis pour terminer, j’ai mis en terre des osiers pour faire une haie d’osier vivant ... et tout a poussé !

L’année prochaine, je ferai une cabane en osier vivant pour les petits enfants . J’essaie aussi des prototypes très artisanaux de murs végétaux : une planche sur laquelle j’ai cloué une serviette éponge préalablement cousue de poches. Dans chaque poche, une petite plante... et ça pousse !

Vous l’aurez compris, une espèce de souk, de bazar où l’on trouve à peu près de tout, fleurs sauvages ou sophistiquées, souvenirs des vieux jardins, légumes et techniques de récupération pour les jardins expérimentaux.

Carmel

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