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Fiches jardinage >  Les Soucis du Jardinier >  Faire des pièges contre le frelon asiatique : le pour et le contre

Article publié le 27 mars et visité 156 fois.

Tout d’abord parcourir l’intégralité de cet article pour en mesurer les enjeux !

LE POUR

En premier lieu il vous faut distinguer les frelons asiatiques des frelons autochtones (utiles) et ne pas détruire tout ce qui vole !
Voir photos derrière la petite main ci-dessus.

Ensuite, il est possible d’installer dans les jardins, dès la mi-février, plusieurs pièges du type de celui expliqué ici pour limiter le nombre de colonies de frelons asiatiques qui s’attaquent à nos abeilles et qui sont un fléau pour les ruches (et un risque potentiel de piqûre pour les humains).

Les informations ci-dessous, ainsi que photo et dessin, sont repris intégralement d’un article de Jean-Jacques Valette dans la revue « We Demain » .

Le FRELON ASIATIQUE est un impitoyable carnassier dévoreur d’abeilles et autres insectes pollinisateurs. Actuellement répandu sur 70% du territoire français il convient d’en éliminer le maximum de reines, fondatrices de nouvelles colonies.

Fabriquer un piège destiné à éliminer les reines ou femelles

En disséminer plusieurs dans votre jardin

Ce piège adapté au vol rectiligne des frelons asiatiques laisse la vie sauve à tous ses autres visiteurs. Suffisamment large pour les frelons asiatiques, son ouverture de 9 mm bloque les frelons européens afin de ne pas leur nuire. De même, sa « piste de décollage » permet aux abeilles et autres petits insectes de s’en extraire facilement, une éponge en mousse les empêchant de se noyer.

Quelques informations importantes à retenir sur le frelon asiatique :

- à la mi-février, les reines s’envolent, construisent un nid et pondent. Elles "couvent" alors leurs larves 45 jours entre mi-février et début mai : il faut les piéger à cette période.
- un nid = 150 nouvelles reines fondatrices = 450 000 nouveaux frelons (1 reine = 2000/3000 individus...)
- ne jamais s’approcher d’un nid (taille d’un ballon de foot mais peut atteindre 1 m de diamètre), le déclarer en mairie pour sa destruction par un organisme spécialisé.
- piqûres très douloureuses, voire mortelles si elles sont nombreuses.

Pour réaliser ce piège

Il vous suffit de rassembler 2 bouteilles d’eau (identiques de préférence), 2 abaisse-langue (demandez-en à votre médecin, mais des bâtonnets de glace peuvent convenir), 1 paire de ciseaux, de la colle, de la ficelle, une éponge, un peu de bière brune et du miel.

- Découpez les tiers supérieurs des deux bouteilles et collez-les ensemble par la base pour former une sorte de toupie.

- Percez-y une ouverture de 9 mm de haut et de la largeur de votre premier abaisse-langue, que vous introduirez à l’intérieur.

- Fermez le bouchon du haut, afin d’éviter que la pluie ne pénètre dans votre piège, mais laissez celui du bas ouvert pour créer une nasse qui empêchera le frelon asiatique de remonter.

- Découpez une ouverture de 5,5 mm de haut dans la partie basse d’une de vos chutes de bouteille. Introduisez votre second abaisse-langue comme précédemment.

- Installez l’éponge, découpée à la forme voulue, et arrosez la d’un mélange de miel et de bière brune, qui repoussera les abeilles, mais attirera les frelons asiatiques. Si des abeilles venaient malgré tout à s’égarer dans votre piège, vous pouvez rajouter du vin blanc pour accroitre la dissuasion.

- Refermez votre piège, sans colle, afin de pouvoir facilement le nettoyer. Vous n’avez plus qu’à l’accrocher en plein soleil avec votre ficelle. N’oubliez pas de renouveler l’appât tous les 15 jours.

Lorsqu’une première reine frelon sera prise au piège, laissez-la à l’intérieur afin que ses phéromones attirent d’autres reines. Si elle ne meurt pas, vous pouvez passer votre piège 10 secondes au micro-onde, ou le congeler une heure afin de l’endormir, puis la découper avec des ciseaux.

Si vous découvrez un nid, n’hésitez pas à le signaler au Muséum National d’Histoire Naturelle pour le cartographier, ainsi qu’à votre mairie pour l’éliminer.

Notons que le piégeage reste critiqué par certains biologistes, qui estiment qu’il faudrait développer un appât phéromonal, encore plus sélectif. Solution pour laquelle la recherche est embryonnaire, notamment du fait d’un manque de moyens dédiés.

LE CONTRE

"L’Office Pour les Insectes et leur Environnement (Opie) et France Nature Environnement (FNE) mettent en garde notamment sur les pratiques de piégeages précoces du frelon asiatique, sans réelle efficacité et néfastes pour d’autres insectes, dont de nombreux pollinisateurs.

Il a été prouvé dès 2009 par des entomologistes de la Linnéenne de Bordeaux, que ces pièges ne sont pas sélectifs, et des versions plus sélectives sont souvent proposées à la fabrication, sans études sérieuses de leur efficacité : ils capturent et tuent de très nombreux insectes non ciblés.
De plus, d’après une équipe de l’INRA de Bordeaux (2012) et du Muséum national d’Histoire naturelle (2013), ils n’auraient aucun impact réel sur les populations de frelon asiatique, qui restent équivalentes dans les zones piégées par rapport à des zones sans pièges.

L’efficacité du piégeage précoce est encore en phase de test :
une étude, se limitant à 3 départements, est en cours avec des contributeurs bénévoles, encadrés par le MNHN et l’ITSAP - Institut de l’abeille, afin d’évaluer l’efficacité réelle du piégeage de printemps contre Vespa velutina, mais en aucun cas il ne s’agit en aucun d’un appel à piégeage généralisé.
L’Opie et FNE appellent donc à un arrêt de ces pratiques de piégeage, inefficaces et très impactantes pour les autres insectes et le fonctionnement des écosystèmes !

L’Opie et FNE conseillent, conformément aux recommandations du Muséum National d’Histoire Naturelle et du Ministère de l’Agriculture :

- de s’abstenir de tout piégeage préventif qui massacre un grand nombre d’insectes non ciblés sans affecter les populations de frelon asiatique,
- de ne pas pratiquer de piégeage printanier (très faible impact sur le nombre de colonies en été),
- de piéger, de fin juin à mi-novembre, uniquement à proximité des ruchers attaqués pour faire diminuer la pression de prédation, en utilisant comme appât le jus de cirier (plus « sélectif » que la bière),
- de participer à des campagnes locales organisées de détection des nids."

Plus d’informations, consultez le site du MNHN,

cet autre article,

ainsi que les articles parus dans la revue de l’Opie « Insectes ».

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