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Article publié le 14 novembre 2008 et visité 2118 fois.
La bonne dame de Nohant

A Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire,

"... Après avoir osé m’élever dans ces régions si au-dessus de mon essor, je retombe naturellement sur mon terrain en vous suppliant de m’envoyer des graines de fleurs. J’adore la couleur, la forme et le parfum. Est-ce-que vous penserez, en promenant vos belles rêveries dans les serres Newman de ramasser au hasard quelques valves au temps de la maturité ? peut-être que oui ; les grandes intelligences sont accessibles aux puériles demandes des enfants et des femmes. Il y a en elles une bonté paternelle qui rassure la faiblesse. Ainsi donc il y a au bout de l’ancienne serre, en dehors, une plante grimpante sur des fils de fer, plante que l’on m’a dit être chinoise, et dont je ne sais pas le nom, mais qui a des grappes bleues et que les jardiniers m’ont dit être facile à acclimater. Cette belle plante m’a fait tant envie que si j’avais été grosse, mon enfant en aurait eu sur le nez. Si je pouvais en faire grimper à ma fenêtre, jugez quel plaisir j’aurais en outre à la tenir de vous..."

Nohant, 30 Avril 1837.

Vous avez reconnu la plante grimpante que George Sand convoite avec tant d’impatience dans cette lettre : Wisteria chinensis, notre glycine, qui fait partie aujourd’hui des fleurs courantes et qui, il y a moins de 2 siècles, était encore presque inconnue. Quel chemin parcouru par ces plantes qui ont voyagé avec les hommes !

Vous aimeriez sans doute savoir si finalement George Sand a pu s’enivrer du parfum de la glycine, car obtenus à partir de graines, les plants mettent parfois 15 ans avant de fleurir... Et bien, Etienne Geoffroy-St-Hilaire, éminent savant du Muséum de Paris et fondateur de la Ménagerie du Jardin des Plantes lui envoya un très rare plant de glycine ainsi qu’une aristoloche. C’est la glycine que l’on peut encore voir au dessus de la porte du château de Nohant, façade sud et qui a plus de 150 ans. Quelques grands écrivains et musiciens du 19 ème siècle ont pu l’admirer.

Il est amusant de voir comment George Sand a recours à la séduction et à la flatterie pour obtenir ce qu’elle souhaite si ardemment...elle, la féministe avant l’heure, se retranche même (ironie volontaire) derrière la prétendue faiblesse des femmes.

Autre détail touchant : cette lettre manuscrite a été découverte par hasard dans une vieille flore achetée chez un brocanteur. Elle était cependant connue par une copie que son ami en avait faite et qui avait été publiée dans un ouvrage scientifique.

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