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Méli-mélo >  Les Plantes et les jardins en littérature >  L’Eloge du compost ! Mais par qui ?

Article publié le 19 novembre 2007 et visité 2649 fois.
Qui sont X et Y et leur auteur ?

1_ "... et il avait un grand tablier avec une poche par devant, dans laquelle ballottaient un sécateur, son foulard et sa tabatière. Les bras nus, et cète à cète, ils labouraient, sarclaient, émondaient, s’imposaient des tâches, mangeaient le plus vite possible ; mais allaient prendre le café sur le vigneau, pour jouir du point de vue. S’ils rencontraient un limaçon, ils s’approchaient de lui, et l’écrasaient en faisant une grimace du coin de la bouche, comme pour casser une noix. Ils ne sortaient pas sans leur louchet, et coupaient en deux les vers blancs d’une telle force que le fer de l’outil s’en enfonçait de trois pouces. Pour se délivrer des chenilles, ils battaient les arbres, à grands coups de gaule, furieusement. [ X] planta une pivoine au milieu du gazon et des pommes d’amour* qui devaient retomber comme des lustres, sous l’arceau de la tonnelle. [Y] fit creuser devant la cuisine, un large trou, et le disposa en trois compartiments, où il fabriquerait des composts qui feraient pousser un tas de choses dont les détritus amèneraient d’autres récoltes, procurant d’autres engrais, tout cela indéfiniment ; et il rêvait au bord de la fosse, apercevant dans l’avenir, des montagnes de fruits, des débordements de fleurs, des avalanches de légumes. "

Dans ce texte, les noms des protagonistes ont été supprimés... et vous verrez bien vite pourquoi ! d’ailleurs le sous-titre est déjà un indice...

2_ Gustave Flaubert a imaginé X et Y, c’est-à-dire Bouvard et Pécuchet, deux amis pleins de zèle, d’imagination et de curiosité scientifique, mais que les audaces et les maladresses conduisent toujours à de grandes déceptions. S’essayant tour à tour à toutes les techniques, ils connaissent leur période "jardinière" et achètent une propriété, où les catastrophes liées à leur inexpérience, s’accumulent...( Chapitre II ). Qu’ à celà ne tienne ! tout les émerveille et nous nous émerveillons avec eux :

"Au bout de la charmille, près de la dame en plâtre, s’élevait une manière de cahute faite en rondins. Pécuchet y enfermait ses instruments et il passait là des heures délicieuses à éplucher les graines, à écrire des étiquettes, à mettre en ordre ses petits pots. Pour se reposer, il s’asseyait devant la porte, sur une caisse, et alors projetait des embellissements."

...et pour une "Pécuchette" qui se reconnaîtra... :

" Le premier point était d’avoir de bonnes couches. Pécuchet en fit construire une en briques. Il peignit lui-même les châssis, et redoutant les coups de soleil, barbouilla de craie toutes les cloches.
Il eut la précaution pour les boutures d’enlever les têtes avec les feuilles. Ensuite, il s’appliqua aux marcottages. Il essaya plusieurs sortes de greffes, greffe en flûte, en couronne, en écusson, greffe herbacée, greffe anglaise. Avec quel soin il ajustait les deux libers ! comme il serrait les ligatures ! Quel amas d’onguent pour les recouvrir !

Deux fois par jour, il prenait son arrosoir et le balançait sur les plantes, comme s’il les eût encensées. A mesure qu’elles verdissaient, sous l’eau qui tombait en pluie fine, il lui semblait se désaltérer et renaître avec elles. Puis, cédant à une ivresse, il arrachait la pomme de l’arrosoir et versait à plein goulot, copieusement."

*Pommes d’amour  : cad des tomates.
Aujourd’hui, une pomme d’amour est une pomme enrobée de caramel et fixée sur un bâton de sucette.

Photo : Outils en cuivre vus à Courson d’automne.

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