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Article publié le 27 janvier 2009 et visité 10800 fois.
Architecture, symbolisme et plantations

Les jardins, dits médiévaux, sont des reconstitutions de jardins dans lesquels on retrouve une architecture simple où les allées sont droites, les plates-bandes carrées ou rectangulaires obéissant en cela à la structure des jardins clos .

Le Jardin reconstitue un microcosme du monde où la nature se veut parfaitement maîtrisée.

Chaque élément du jardin :


la clèture,
(1)

le préau (ou verger), (2)

le ménagier, (3)

le jardin céleste, (4)

et le jardin d’amour (5)

ont une signification à la fois symbolique et pratique.

1) La clèture est la première des caractéristiques des jardins du Moyen -Age : faite de murs ou de haies, elle valorise l’espace du jardin qu’elle délimite et protège les cultures du vent, des animaux sauvages et domestiques, des maraudeurs .

L’expression "jardin clos","hortus conclusus", est à rapprocher du "Cantique des Cantiques" de la Bible dans lequel le fiancé décrit sa bien-aimée ainsi :

"Elle est un jardin bien clos,

ma soeur, ma fiancée,

un jardin bien clos,

une source scellée."

Ici, la fiancée est comparée au jardin d’Eden entouré de murs, mais le jardin clos a donné lieu à d’autres interprétations :

Il pouvait représenter l’âme du fidèle, enclose dans le corps et purifiée par la fontaine ou l’église formée de l’ensemble de ses fidèles, purifiée par l’eau du baptême.

A la fin du Moyen Age, le jardin a souvent représenté la Vierge assimilée à la fiancée du Cantique des Cantiques. Au XVème siècle la peinture flamande et allemande figurent la Vierge dans un jardin entouré de hauts murs, image qui sera diffusée largement grâce aux estampes.

Les fleurs elles-mêmes symbolisent les vertus de la Vierge .
Les roses qui avaient été jusque là attribuées à Vénus, à Bacchus, à l’Amour et aux Grâces furent attribuées par l’Eglise à la Vierge et les roses font partie de la végétation du Paradis.

Dans un texte du IVème siècle, on peut lire :

"Dans la patrie des justes,

la terre est toute embaumée

de rosiers aux fleurs empourprées."

Rose du temps de l’innocence, elle est sans épines.

Au XIIème siècle, le "jardin du ciel " est dépeint comme rempli de fleurs mystiques au milieu desquelles brille la "rose d’amour".

2) Le Préau :

C’est un élément essentiel du jardin d’agrément, on l’appelle aussi "verger". Entouré d’eau et divisé en quatre parties par deux canaux , il rappelle le jardin d’Eden de la Genèse, traversé par les quatre fleuves du Paradis.

C’est la structure qu’on trouve dans les cloîtres des monastères avec, au centre, un arbre ou une fontaine.

C’est une prairie d’herbe verte ombragée d’arbres et parsemée de fleurs multicolores agréables à la vue, au toucher et à l’odorat. On vient s’y délasser, s’y adonner aux plaisirs de la conversation, des jeux, de la musique à laquelle se mêlent le chant des oiseaux et le bruissement de l’eau d’un ruisseau ou d’une fontaine.

Des recherches minutieuses sur les tapisseries "mille fleurs" ont permis aux scientifiques de recréer la palette des fleurs qui pouvaient orner le préau au fil des saisons :

Verte et blanche en hiver avec les hellébores, jaune et bleue au printemps (coucous, primevères, jonquilles, jacinthes sauvages),
rouge et pourpre en été et en automne (digitales, géraniums et sauges des bois).

La fontaine qui se trouvait parfois au centre a, elle aussi, été sujette à différentes interprétations :
lumière de Dieu, fontaine de vie éternelle jaillissant du jardin d’Eden, allégorie du Christ, de la Vierge, de l’Eglise.

Le reflet des fleurs du préau dans l’eau rejoint la pensée médiévale selon laquelle l’image reflétée, débarrassée de son cèté matériel, est plus pure que la réalité et permet d’atteindre la Vérité.

3) Le Carré du ménagier

Son nom s’inspire d’un ouvrage du XIVème siècle , "le Mesnagier de Paris", écrit par un bourgeois parisien à l’intention de sa jeune épouse !
Il présente les plantes du potager.

L’alimentation quotidienne au Moyen-Age repose sur les "plantes à pot" (d’où le nom de potage et potager) que l’on fait longuement mijoter dans une marmite :

Choux de toutes sortes, poireaux, oignons, ail, pois et fèves, bettes, épinard, oseille et les racines : raifort, panais (ancêtre de la carotte) et navet.
Les plantes aromatiques sont nombreuses : estragon, ciboulette, bourrache, cerfeuil, persil... Les petits fruits : groseilles, framboises, cassis et une vigne plantée sur la barrière qui entoure le ménagier. On trouve de la vigne dans tous les jardins de la France médiévale, sous forme de treille ou de quelques plants (même loin au nord de la Loire, pour le vin de messe).

Les "simples", base de la pharmacopée, sont souvent mêlées au potager : lis, rose, sarriette, menthe, romarin, fénugrec, fenouil, rue, iris... et la sauge (Salvia), la plante qui sauve !

Le passage du Préau permet d’accéder au Jardin céleste puis au Jardin d’amour.

4) Le Jardin céleste

C’est la rose qui est au centre du jardin céleste ; on y trouve aussi la pivoine (ou rose de Pentecète).
Toutes les fleurs représentent la Vierge ou sont une louange à Dieu.
Le narcisse, le lis, le muguet symbolisent la virginité et se retrouvent dans toutes les "Annonciations".
On y trouve l’iris , la digitale appelée "gant de Notre-Dame", la pâquerette (qui fleurit à Pâques), l’ancolie (qui renvoie à l’Esprit Saint, car on reconnaît dans sa fleur la colombe du Saint-Esprit), la pensée aux trois couleurs rappelant la Trinité, le fraisier dont les fleurs blanches sont celles de l’innocence : toutes passent pour la nourriture de l’âme des bienheureux au paradis !

5) Le Jardin d’amour

Il illustre la quête sensuelle et profane du bonheur, la recherche d’un nouveau paradis terrestre. On en trouve des représentations dans les enluminures des romans courtois et c’est le lieu privilégié de la rencontre amoureuse.

On y trouve souvent une banquette de gazon plantée de serpolet entourée d’une clèture en bois (ou palis) sur laquelle viennent s’entrelacer rosiers et chèvrefeuilles.

On y voit des arbres en pot (qu’on rentre l’hiver) taillés en topiaire.
On y cultive deux sortes de roses : la Rosa centifolia et la Rosa gallica, dont la rose de Provins qui aurait été rapportée des croisades.

Tout est fait pour charmer les sens, couleurs, murmure de la fontaine toute proche, parfums.

Vous pourrez retrouver ces informations et les compléter par les plaquettes du Musée National du Moyen-Age de l’hôtel de Cluny et par un site québecois très documenté.

Carmel

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